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Des entrepreneurs africains veulent jouer les premiers rôles sur le marché des smartphones du continent

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Les marques étrangères dominent le marché des téléphones portables en Afrique. Mais depuis quelques années, des entrepreneurs locaux s’activent dans le secteur pour porter la concurrence de l’intérieur.

En Afrique, la demande de téléphones portables reste conséquente. Selon la plateforme International Data Corporation, le nombre d’appareils importés en 2021 était en baisse de 11,4%. Mais il a quand même atteint les 43,5 millions. Un marché dominé à plus de 70% par des producteurs chinois, notamment Transsion Holding, le fabricant des marques très connues comme Tecno, Infinix ou Itel.

Ce dynamisme sur le marché des téléphones portables n’a pas échappé à l’intérêt de certains entrepreneurs, qui se sont lancés dans la production des marques purement africaines, c’est-à-dire avec des composantes fabriquées sur le continent, ou des caractéristiques qui sont spécifiques à la région.

Le produit le plus récemment annoncé qui s’inscrit dans cette tendance est Kunfabo, une marque de téléphone produite en Guinée Conakry, sortie en janvier 2020.  D’après la conceptrice du modèle Fatima Diawara. Il aura fallu 3 années de recherches pour parvenir à monter le modèle. 

La particularité avec les téléphones portables Kunfabo, c’est qu’ils détiennent leurs propres applications africaines. « Find me » est une application qui fonctionnerait sur tout le continent, et consiste à localiser des zones de santé, des pharmacies à proximité. Il y aussi l’application « Afro cook » qui valorise et fait la promotion des recettes de tous les pays d’Afrique. 

Au Rwanda, c’est la marque Maraphones qui envisage d’occuper les premiers rangs sur les ventes de téléphone. Créée en 2019, la société a implanté une usine de fabrication de deux smartphones 100% Africain au Rwanda. Les dirigeants de l’entreprise revendiquent d’être les premiers fabricants de téléphone dont toutes les composantes sont produites en Afrique « Nous sommes en fait les premiers à faire de la fabrication. Nous fabriquons les cartes mères, nous fabriquons les sous-cartes pendant tout le processus. Il y a plus de 1 000 pièces par téléphone « , a déclaré Ashish Thakkar, fondateur de Maraphones.

En République Démocratique du Congo, c’est le produit de Jean Bele mis sur le marché en 2019 qui fait parler de lui. Le système de l’appareil lui permet de résister à la poussière, à l’eau, et détient des fonctionnalités de reconnaissance faciale et une détection d’empreintes digitales. L’entreprise prévoit elle aussi de finaliser bientôt une usine de fabrication de composantes en RDC.

Ces marques font le plus parler d’elles mais ne sont pas les premières tentatives de production de téléphones portables sur le continent. Au Cameroun, la marque X-Tigi avait suscité beaucoup de passion et a aujourd’hui disparu des étalages. Même si l’Afrique est un solide marché, entreprendre dans la production des téléphones demeure difficile. 

Même si l’essentiel des composantes est fabriqué en Afrique, certaines pièces de ce type d’appareil sont encore le fait de quelques entreprises expertes dans le monde, comme le système Android. Leurs coûts d’importation font qu’il faut être capable de produire un certain volume et vendre à un certain prix, pour réussir. Ce qui n’est pas une chose facile car les fabricants étrangers, notamment chinois, occupent efficacement toutes les tranches de pouvoir d’achat sur les téléphones. 

Aussi ce type de projet d’entreprise est long, et nécessite beaucoup d’argent. Or pour les entrepreneurs africains, l’accès au financement demeure un problème. Bien qu’étant rwandais, Ashish Takkar est né et a vécu en Angleterre où il est parvenu à avoir une fortune. Aussi, le gouvernement rwandais a accordé des facilités, qu’on ne retrouverait pas dans beaucoup de pays africains.  

La stratégie de Jean Bele est différente. Ce pensionnaire de l’Institut de Technologie de l’Université du Massachusetts à Boston aux États-Unis, est rentré dans le secteur avec des marques de haut de gamme. Son levier est de vendre des téléphones de marques à un prix abordable. 

De nombreuses initiatives fiscales des gouvernements sont de plus en plus favorables à la fabrication des téléphones africains. Mais elles ne suffisent pas. Les concurrents non-africains continuent d’ajuster leurs stratégies, et cela invite les entrepreneurs africains à plus de réflexion et d’intelligence.

Source: Agence Ecofin


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